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lundi 10 septembre 2012

L'oreiller


Oreiller,
Tu es, en toute discrétion, le berceau de nos émotions.
Tu es le coussin douillet, recueil de nos pensées cachées, nos idées débridées, nos rêves inavoués.
Tu es le complice de nos étreintes émerveillées, nos caresses insensées, nos baisers échangés.
Tu es le gardien de la forme imprimée par une tête aimée
Tu es la mémoire de ce parfum déposé par un être adoré
Tu es son souvenir dans ma pensée gravé
Tu es, en son absence, une douceur enlacée
Tu es, oreiller, compagnon digne de mon amitié

jeudi 6 septembre 2012

Divagations saisonnières


Le printemps:
Très tôt les semailles se font à labours!
Du fermier qu'est Germain, les vaches au pré, la fermière légère mène!
Le rayonnement air/sol, appelé chaleur sol/air, fait que le blé dur dure jusqu'à l'été, blondissant de champs en champs!
Ah! Le beau blé blond, dont le meunier fait la farine, le plaçant entre ses meules, suivi par le boulanger mettant les mains aux miches que la boulangère expose aux yeux de tous derrière sa vitrine!
L'herbe se dresse au printemps, au contraire du cheval qui lui se dresse toute l'année.
La crête du jeune coq se dresse fièrement dans la basse cour, celle du vieux coq dans les albums souvenirs!
L'âge du poète ne s'arrête aux vains printemps, il perd ses vers au fil des ans.

L'été
L'été voit fleurir le vacancier! Ce dernier mûrit sagement sous un ciel chauffé à blanc! La culture du vacancier se développe de plus en plus, les vacances à la ferme permettent d'écouler tous ces bons produits refusés par les coopératives! Un vacancier se torréfie avec application de crème protection solaire! Un vacancier mûr s'épluche facilement, la peau vient toute seule!
Avec les vacanciers, apparaissent les perdreaux aux bords des routes, accompagnés de nombre de jumelles!
Le jardinier grenouille dans son potager malgré l'été tard!
Sans eau, l'été tue les laitues! L'étais tu, triste, devant tes laitues toutes foutues? Sois têtu, fais en plus!

L'automne
L'automne, avec ses pluies, l'eau rage, l'eau tonne!
L'époque des grains de Bretagne, des grains de raisins, des grains de fantaisie, les grains de beauté corsés, rougets de l'île!
Le gai luron vigneron courre le jupon de la mignonne vigneronne friponne qui s'étonne! Jeux de mains, jeux demain, jeux coquins, jeux à deux, si tu veux.
La feuille rousse quitte son arbre géniteur, volant au vent d'autan. "Adieu vieille branche", propos dur de la feuille.
L'écureuil stocke ses noisettes, le montagnard stocke son bois, le dirigeant stocke ses options.

L'hiver
L''hiver voit apparaître l'orge laid, le sucre de betterave, que le sucre roux pille, les rats goûtant moult moûts biologiques, baux logiques, beaux logis... T'as de bio yeux tu sais!!!
Traînent les étrennes par dizaines jusqu’à la neige et sa longue traîne. Traînard sur ton traîneau traîne pas trop, ton train n'est pas trop tard si tu t'y prends tôt.




dimanche 2 septembre 2012

Paraître


Elle avait une chevelure noire et longue, signe d'un entretien soigné que seul un revenu approprié peut vous permettre.
Il avait le cheveu ondulé, brun et fourni, sentant bon la coloration de qualité et l'implant fraîchement planté.
Son chemisier dissimulait à peine une poitrine généreuse, à régénérer régulièrement dans une clinique spécialisée.
Son polo spécial tennis était un de ces rares modèles renforcés aux épaules.
Son fuseau de cuir laissait deviner des jambes que les régimes avaient atrophiées.
Son pantalon de flanelle flottait sur ses fesses flétries.
Sandales à bride, hauts talons de compétition, idéales pour des petits pas trottés.
Chaussures en faux croco, talons expansés, astiquées à l'extrême.
Rides dissimulées, qui trahissaient des peaux qui avaient trop connu le soleil, les séances de bronzage, les maquillages, les abus de parfums.
Lunettes de haute couture, paravents des cernes d'yeux qui ont trop peu dormi.
Des sourires étudiés, découvrant des dentitions qui firent la fortune de dentistes.

Ils étaient là, tous les deux, sur cette première page du magazine.

Douce compagne, pas de magazine pour nous, mais quand je nous vois, reflets de nous même, dans ce miroir sans complaisance, bras dessus, bras dessous, je nous trouve beaux!