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jeudi 8 janvier 2015

Pourquoi?

Nous étions bien jeunes, encore même plus jeunes que cela... La maternelle, à peine sortis du cocon familiale. Elle s'appelait Elle, je m'appelais Lui, nous étions inséparables. S'agissait-il d'amour, d'amitié, d'affinité ? Je ne saurais le dire. Nous étions en symbiose. Pour se rendre à l'école, nous marchions quelques pas devant nos parents, sans un mot, à l'unisson, au plaisir de se retrouver. Nous étions conscients de nos différences, elle dans son rose, moi dans mon bleu, quelle importance ? A cet âge, on se contente de vivre le moment présent, pas de projection sur l'avenir, pas de regret sur le passé, pas de compétitivité. On peut dire que nous étions heureux.
Au passage à la communale, séparation des garçons et des filles, elle dans son établissement, moi dans le mien. Plus de marche côte à côte, plus de regard de complicité, plus d'échange muet. Je n'ai pas compris, je suppose qu'elle non plus ! Après tant d'années, je n'ai toujours pas compris.
Je l'ai revue, de temps en temps, de loin en loin, inaccessible.
Bien plus tard, nous avons partagé le même cours de chant, chorale commune orchestrée par notre prof de chant. Je lui ai tendu la main, elle l'a regardée, puis s'est détournée. Elle était devenue une fille et moi un garçon ! Je ne suis pas certain qu'elle m'ait reconnu, du moins c'est ce que je me dis.
Aujourd'hui encore, quand je souris à une femme, la suspicion est de mise, quels noirs desseins cache ce sourire. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir, par la culture et dans les têtes, pour que nous acceptions nos différences et comprenions notre complémentarité.
Je n'ai pas oublié !
Quand je vous dis que je n'ai toujours pas compris !
 

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