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dimanche 23 décembre 2012

Communiqué


Suite à un incident technique, indépendant de notre volonté, nous n'avons pu assurer la fin du monde planifiée pour le 21 Décembre 2012! Nous prions notre aimable clientèle de bien vouloir nous en excuser!
Nos techniciens peuvent vous assurer une fin du monde heureuse pour le 23 Mars 3543689142 à 16h30, heure GMT!
Vous pouvez retenir vos places auprès de nos hôtesses, les 2000000 premiers inscrits bénéficieront d'une attention spéciale, pouvant choisir les détails (inondations, météorite, volcans, gastroentérite...) sans suppléments de prix!
Le règlement peut se faire par chèque, carte bancaire, espèces à nos guichets ou sur Internet! Des facilités de paiements sont accordées à des taux intéressants!
Nous vous remercions de votre fidélité!
La direction  

mercredi 10 octobre 2012

Il fallait y penser!


[Lettre AUTHENTIQUE reçue par le Commissaire européen à l'Agriculture]

Monsieur le commissaire de l'Agriculture,

Mon ami Robert, habitant la Bretagne, a reçu un chèque de 500.000 FF de la part du gouvernement, pour ne pas élever de cochons cette année.
C'est pourquoi je pense rentrer dans le programme de non-élevage de cochons l'année prochaine.

Ce que j'aimerais savoir, c'est quelle est la meilleure ferme possible
pour ne pas élever de cochons et quelle est la meilleure race de cochons à  ne pas élever. Je préférerais ne pas élever de sangliers, mais si ce n'est pas une bonne race à ne pas élever, je serais tout aussi content de ne pas élever de Landrace ou de Large White.

Le travail le plus dur dans ce programme semble alors de tenir un inventaire précis du nombre de cochons que l'on n'a pas élevés. Mon ami Robert est très confiant quant à l'avenir de son affaire. Il a élevé des cochons pendant plus de 20 ans, et le mieux qu'il ait pu gagner, c'est 200.000 F en 1978; jusqu'à cette année lorsqu'il reçut un
chèque de  500.000 F pour ne pas  élever de cochons.

Si je peux recevoir un chèque de 500.000 FF pour ne pas élever 50 cochons, alors, est-ce que je recevrai 1.000.000 FF pour ne pas élever
100 cochons, etc. ? Je me propose de commencer à un petit niveau pour aller ensuite jusqu'à ne pas élever 4000 cochons; ce qui signifie que je recevrai un chèque de 4.000.000 FF et je pourrai ainsi investir dans un yacht.

Maintenant, une autre chose est que ces 4000 cochons que je n'élèverai
pas ne mangeront pas les 100 000 seaux de maïs qui leur étaient destinés.. Dois-je alors comprendre que vous allez payer les agriculteurs pour ne pas produire le maïs ? En somme, est-ce que vous
me donnerez quelque chose pour ne pas produire les 100 000 seaux de maïs qui ne nourriront pas les 4000 cochons que je n'élèverai pas ?

Je désire d'autre part commencer le plus tôt possible, puisqu'il semble que cette période de l'année soit propice au non-élevage des cochons.

Très sincèrement, X.

PS : Puis-je élever 10 ou 12 cochons, même si je suis impliqué dans le
programme, juste pour avoir un peu de jambon à donner à ma famille ?

lundi 10 septembre 2012

L'oreiller


Oreiller,
Tu es, en toute discrétion, le berceau de nos émotions.
Tu es le coussin douillet, recueil de nos pensées cachées, nos idées débridées, nos rêves inavoués.
Tu es le complice de nos étreintes émerveillées, nos caresses insensées, nos baisers échangés.
Tu es le gardien de la forme imprimée par une tête aimée
Tu es la mémoire de ce parfum déposé par un être adoré
Tu es son souvenir dans ma pensée gravé
Tu es, en son absence, une douceur enlacée
Tu es, oreiller, compagnon digne de mon amitié

jeudi 6 septembre 2012

Divagations saisonnières


Le printemps:
Très tôt les semailles se font à labours!
Du fermier qu'est Germain, les vaches au pré, la fermière légère mène!
Le rayonnement air/sol, appelé chaleur sol/air, fait que le blé dur dure jusqu'à l'été, blondissant de champs en champs!
Ah! Le beau blé blond, dont le meunier fait la farine, le plaçant entre ses meules, suivi par le boulanger mettant les mains aux miches que la boulangère expose aux yeux de tous derrière sa vitrine!
L'herbe se dresse au printemps, au contraire du cheval qui lui se dresse toute l'année.
La crête du jeune coq se dresse fièrement dans la basse cour, celle du vieux coq dans les albums souvenirs!
L'âge du poète ne s'arrête aux vains printemps, il perd ses vers au fil des ans.

L'été
L'été voit fleurir le vacancier! Ce dernier mûrit sagement sous un ciel chauffé à blanc! La culture du vacancier se développe de plus en plus, les vacances à la ferme permettent d'écouler tous ces bons produits refusés par les coopératives! Un vacancier se torréfie avec application de crème protection solaire! Un vacancier mûr s'épluche facilement, la peau vient toute seule!
Avec les vacanciers, apparaissent les perdreaux aux bords des routes, accompagnés de nombre de jumelles!
Le jardinier grenouille dans son potager malgré l'été tard!
Sans eau, l'été tue les laitues! L'étais tu, triste, devant tes laitues toutes foutues? Sois têtu, fais en plus!

L'automne
L'automne, avec ses pluies, l'eau rage, l'eau tonne!
L'époque des grains de Bretagne, des grains de raisins, des grains de fantaisie, les grains de beauté corsés, rougets de l'île!
Le gai luron vigneron courre le jupon de la mignonne vigneronne friponne qui s'étonne! Jeux de mains, jeux demain, jeux coquins, jeux à deux, si tu veux.
La feuille rousse quitte son arbre géniteur, volant au vent d'autan. "Adieu vieille branche", propos dur de la feuille.
L'écureuil stocke ses noisettes, le montagnard stocke son bois, le dirigeant stocke ses options.

L'hiver
L''hiver voit apparaître l'orge laid, le sucre de betterave, que le sucre roux pille, les rats goûtant moult moûts biologiques, baux logiques, beaux logis... T'as de bio yeux tu sais!!!
Traînent les étrennes par dizaines jusqu’à la neige et sa longue traîne. Traînard sur ton traîneau traîne pas trop, ton train n'est pas trop tard si tu t'y prends tôt.




dimanche 2 septembre 2012

Paraître


Elle avait une chevelure noire et longue, signe d'un entretien soigné que seul un revenu approprié peut vous permettre.
Il avait le cheveu ondulé, brun et fourni, sentant bon la coloration de qualité et l'implant fraîchement planté.
Son chemisier dissimulait à peine une poitrine généreuse, à régénérer régulièrement dans une clinique spécialisée.
Son polo spécial tennis était un de ces rares modèles renforcés aux épaules.
Son fuseau de cuir laissait deviner des jambes que les régimes avaient atrophiées.
Son pantalon de flanelle flottait sur ses fesses flétries.
Sandales à bride, hauts talons de compétition, idéales pour des petits pas trottés.
Chaussures en faux croco, talons expansés, astiquées à l'extrême.
Rides dissimulées, qui trahissaient des peaux qui avaient trop connu le soleil, les séances de bronzage, les maquillages, les abus de parfums.
Lunettes de haute couture, paravents des cernes d'yeux qui ont trop peu dormi.
Des sourires étudiés, découvrant des dentitions qui firent la fortune de dentistes.

Ils étaient là, tous les deux, sur cette première page du magazine.

Douce compagne, pas de magazine pour nous, mais quand je nous vois, reflets de nous même, dans ce miroir sans complaisance, bras dessus, bras dessous, je nous trouve beaux!


jeudi 30 août 2012

Le jouet


Le garçon regardait le jouet
La fille regardait le jouet
Le garçon touchait le jouet
La fille touchait le jouet
Le garçon regardait la fille
La fille regardait le garçon
Le garçon touchait la fille
La fille touchait le garçon
Le jouet avait disparu

Ils ne jouaient plus!

lundi 27 août 2012

Pas de chance


Je n'ai vraiment pas eu de chance dans ma vie, j'ai accumulé les déboires, pourtant j'aurais bien aimé pas de déboire pour conduire ma vie comme je l'entendais!
Dès le départ les dés étaient pipés! Maman avait mal interprété les conseils de sa propre mère, concluant qu'elle n'était féconde que les mois de 28 jours! Papa, lui, a dû être l'heureux, sinon le seul, gagnant d'un paquet de préservatifs défectueux! Autant vous dire combien votre serviteur a été, sinon désiré, du moins imprévu!
Les hautes sommités médicales ont établi ma conception entre le 30 Août à 20h47 et le 2 Septembre à 7h23! La grossesse de Maman se passât sans trop de problèmes, juste une grippe, une pleurésie et l'appendicite, autant dire rien!
Je suis né un premier Avril, à 0h05! Je sais, cela ne fait que 7 mois, mais Maman n'a jamais su vraiment compter... Les calculettes n'existaient pas encore!
J'ai eu une enfance heureuse, choyé par les différentes infirmières qui s'occupèrent de moi! A cette époque j'avais de la chance, mes fractures se réparaient bien. J'ai toujours eu des infirmières très gentilles, les médecins me connaissaient par mon prénom, j'avais presque ma chambre réservée! Maman me rendait visite assez souvent, accompagnée par mes tontons, y'a eu tonton André, tonton Paul, tonton John, Tonton Alfred, Tonton Hans... Je dois en oublier quelques-uns, mais tous très attentionnés envers Maman! Maman avait le sens de l'humour, elle n'arrêtait pas de dire que j'avais plus de bijoux qu'elle, avec toutes mes broches!
Papa passait quand il pouvait, à chaque sortie de prison! On ne comprend pas toujours tout quand on est petit, Papa disait que j'étais l'avatar de la famille, je n'ai compris que bien plus tard ce que cela signifiait, grâce à l'informatique.
Pour les études, ce sont surtout les autres qui m'ont étudié; spécialistes, professeurs, scientifiques... J'ai découvert le summum de la technologie: Radiologies, scanners, IRM, scintigraphies... Je suis devenu très calé, je ne bougeais pas d'un pouce pendant les examens!
Pour l'armée, j'ai été réformé aux trois jours, ils n'ont pas admis que j'ai un trou de balle dans le pieds, conséquence d'un accident de chasse avec Papa, une chasse au trésor, dans une bijouterie! Il paraîtrait que je sois déséquilibré à cause de cela, impossible de défiler au pas!
Je n'ai eu aucun problème pour trouver un emploi, fossoyeur attitré d'une grande entreprise de pompes funèbres! Mon CV les a séduit, j’avais, disaient-ils, la tête de l'emploi! C'est bon d'être reconnu pour ses qualités! Grâce à eux j'ai pu faire mon trou dans la société! J'ai le grade de fossoyeur chef, bien que n'ayant personne sous mes ordres, mon travail est apprécié, d'où cette promotion! Pourquoi se creuser la tête, creuser la terre est déjà assez difficile. Je suis bien vu car il n'y a jamais eu de réclamation des clients, un sans faute!
J'en arrive à la journée la plus triste de ma vie! J'étais allongé sur le tapis de ma cuisine, j'ai un petit logement, une nouveauté immobilière, le séjour/chambre/cuisine à l'américaine! Un pièce de 1m50 sur 6m! Le gros avantage, c'est que l'on a tout sous la main! Même plus besoin de se lever pour faire son petit déjeuner, c'est beau le modernisme! Je disais donc que j'étais allongé sur le tapis/lit de la cuisine, écoutant les informations à la radio (mon poste de télé avait explosé une semaine plus tôt, me laissant un tatouage représentant PPDA sur le biceps gauche!), quand j'ai failli défaillir! J'avais tous les bons numéros du loto... sauf le dernier! Quand je vous dis que je n'ai pas de chance!

dimanche 26 août 2012

Le Sauveur


Pour une sale affaire, cela avait été une sale affaire, comment aurait-on pu imaginer?

Qu'est-ce qu'un jeune inspecteur ambitieux pouvait espérer dans une bourgade aussi tranquille? Il se le demandait encore! L'inspecteur Le Sauveur, ça ne s'invente pas, s'ennuyait profondément! Un pays super-calme, même pas un vol de poule, à tel point qu'il était probable que le commissariat se dirigeait, lentement mais sûrement, vers sa fermeture, la responsabilité du secteur échouerait à la gendarmerie! Il faut dire que le dernier crime remontait à... 10 ans; en fait plus un accident de chasse qu'un véritable crime, mais il y avait eu enquête! La conclusion: avec plus de 2 grammes d'alcool dans le sang, il est possible de confondre les cornes d'un cocu avec les bois d'un cerf! Sauf qu'il est interdit de manger le cocu, la loi l'interdit formellement! Cette enquête, il ne l'avait même pas suivie, il usait encore son pantalon sur les bancs du lycée à cette époque!
Le Sauveur, Gilbert de son prénom, était parti du bas de l'échelle, flic de la circulation! C'était un métier très valorisant: respirer les pots d'échappement, verbaliser des automobilistes qui faisaient semblant de ne rien comprendre à ce que l'on leurs reprochait, assumer les bras d'honneur des deux roues, et autres gestes d'amitié et de compassion, intervenir dans les bagarres, un truc à se prendre un mauvais coup, tapages de toutes sortes, etc... Alors il avait bossé! Bossé pour passer l'examen d'inspecteur, il avait même bien bossé car il l'avait réussi!

C'est sa femme qui avait choisi l'affectation, enfin presque. Lorsque cette place s'était présentée, le fait qu'elle se situait à côté du lieu de naissance de madame avait fortement pesé dans la balance! Cela semblait une place comme une autre, pas au soleil mais pas à la pluie, pas à la mer mais pas à la montagne non plus, une place comme il en existe partout dans l’hexagone!
Il l'aimait passionnément son épouse, Line, il avait beaucoup de mal à lui refuser quoi que soit! Pourtant il formait un couple très hétéroclite , elle: blonde comme les blés, une peau de pêche, lui: brun de poils et de teint, elle: fine et élancée, lui: rondouillard et court sur pattes, elle: des yeux verts écartés sous un front large, lui: des yeux noirs rapprochés, des sourcils broussailleux pour gommer l'espace qui les séparait des cheveux, elle: un petit nez, qui n'aurait rien eu à envier à celui de Cléopâtre, mettant en valeur une bouche charnue et gourmande, lui: un nez écrasé qui dominait une bouche fine comme une cicatrice! Il gardait une moustache bien taillée, comme pour dissimuler ce manque d'harmonie. Line ne nécessitait pas cet accessoire, je veux parler de la moustache.
Bref, ces présentations faites, évoquons le pourquoi nous sommes ici, l'affaire, car il s'agit bien d'une affaire, donc l'affaire de Hornois le haut, à ne pas confondre avec Hornois le bas qui, elle, se situe en bas et n'a pas d'histoire, alors que Hornois le haut est en haut et elle, elle a une histoire, suis-je clair?

Cela avait commencé, voyons voir, ah! Oui! Un lundi matin, car c'était le lendemain du barbecue avec les les voisins, barbecue où il avait fallu... Comment? Vous vous en foutez? Vous avez raison, laissons tomber les merguez et revenons à nos moutons.
Donc c'était un lundi matin, la mère Lapinette, appelée ainsi car elle vendait des lapins, pénétrât mi-colère mi-larmoyante dans les bureaux de la police nationale! "On m'a volé!"
Enfin un peu d'animation, la journée allait paraître moins longue! Après avoir calmé la brave dame, un petit calva vous m'en direz des nouvelles, ça réconforte, Gilbert Le Sauveur s'installât devant la vieille machine à écrire, outil indispensable à la prise de déposition, machine à écrire type Pascal, une fortune chez un antiquaire; on attendait l'informatique pour la remplacer mais problème de budget, vous connaissez?
On en apprend dans la prise de déposition, c'est ainsi que l'on sût que la mère Lapinette s'appelait en réalité Fortin, de son prénom Adèle, qu'elle était âgée d'un peu moins qu'un siècle; on apprit aussi qu'elle était veuve depuis la guerre, ne sachant pas au juste de laquelle elle parlait!
Que lui avait-on volé, à cette brave Adèle? Sa coupe à fruits! Oui! Oui! Vous avez bien lu, sa coupe à fruits! Un truc mahousse en véritable verre imitation cristal, gagné avec les bons Spar, un bijou que vous auriez bien du mal à vendre plus d'un Euro dans une brocante, un cadeau fabuleux pour vous fâcher avec vos meilleurs amis, mais elle y tenait à sa coupe, la petite grand-mère!
Dimanche soir elle était là, sur sa table de salle à manger, la coupe. Lundi matin, disparue! Le voleur avait dû s'introduire par la fenêtre de la cuisine, entrouverte avec ce temps chaud et orageux. Il n'était pas passé par la porte, non pas que celle-ci fût fermée, on ne craint personne à Hornois le Haut, simplement cette porte grince tellement que son ouverture en aurait réveillé tout le quartier! Les fruits avaient disparu avec la coupe, des pommes et des oranges, au prix que ça coûte!
Le procès verbal dûment rempli, dûment signé, fût aussitôt placé dans le dossier des affaires en cours, dossier désespérément vide jusqu'à ce jour!
Notre inspecteur préféré réfléchît aux différentes possibilités de ce larcin, la plus probable: une plaisanterie. Lui-même, gamin, n'avait pas été en reste pour ce genre de couennerie! Ou alors, le vagabond, qui, pour assouvir sa faim, s'octroie un petit repas à base fruitière, une coupe faim, quoi! Avec un peu de chance on retrouverait la coupe, délestée de son contenu, abandonnée dans un chemin ou un autre. Bah! Il ferait quand même un petit tour du pays, ainsi une enquête aura bien été menée! Ne boudons pas notre plaisir!
L'affaire aurait pu en rester là, si...

Le lendemain, ce fût le tour du révérend père Germain de pénétrer avec fureur dans les locaux policiers! Sacrilège! On lui avait dérobé des cierges et cassé d'autres! Le Sauveur connaissait mal le prêtre, ils n'avaient pas tout à fait les mêmes croyances, le saint homme prêchant plutôt les vertus de l'hostie et du vin de messe, Le Sauveur celles du jambon beurre et du beaujolais!
Procès-verbal à nouveau, notant simplement les faits et ignorant le sermon du saint homme qui destinait aux enfers les plus ardents les adeptes de Satan responsables de cette offense à Dieu!
Bon! Un vagabond affamé, pour des fruits, pourquoi pas, mais manger de la cire de bougies, faudrait une sacrée faim! Coïncidence ou œuvre de plaisantins? de vandales?
Le défilé ne faisait que commencer! Chaque matin une nouvelle plainte: vol de linge, d'objets, de nourriture... Cela commençait à chauffer un peu l'ambiance dans le canton, mieux que la fête patronale!
Vînt le jour du notaire! Pas à son étude, à son domicile! Tout ravagé! Les tiroirs ouverts, les penderies vidées, les lits défaits, un vrai film d'épouvante, ou à la rigueur d'espionnage! Le voleur avait déchiré la moustiquaire de la fenêtre du premier étage pour pénétrer dans la demeure! Du travail bien fait!
Une vendeuse de lapin, passe encore, un curée martyre, un truc à être excommunié, mais un notaire! Le maire vînt personnellement s'enquérir de la prise en considération de la plainte! Faut pas rigoler avec les édiles de le ville!

Le grand jeu! Style Sherlock Holmes, regards à la loupe, relevés d'empreintes, la routine de la police judiciaire! En attendant, l'enquête, elle, patinait sévère!
Tout n'était pas clair, le résultat des empreintes semât encore plus le trouble! Pas fiché le voleur, ou plutôt: pas fichés les voleurs! Car il semblerait qu'ils étaient deux. Un rapport de la police scientifique laissait dubitatif, surtout à la lecture de la note du bas: "Les voleurs semblent souffrir d'une maladie génétique!", avec ça c'était du gâteau. "J'en connais d'autres qui souffrent d'une maladie génétique!" pensât l'ami Gilbert, philosophe à ses moments perdus.

Il ne manquait plus que l'appel du préfet, pas de panique, il arrivât: "L'affaire semble compliquée, j'ai réclamé à Paris que l'on vous envoie un collègue plus aguerri pour vous aider". Ben voyons, trop incompétent, pour pas dire autre chose, faut pas essayer de jouer dans la cour des grands!
Un grand, c'en était un, l’inspecteur de Paris, grand, sec, dégingandé! Dès son arrivée il mît les choses au point: c'était lui qui avait résolu l’énigme des ferrets de la reine, arrêté les responsables du hold-up du train postal, stoppé Pierrot le fou, fait avouer Ravaillac, un vrai cador!
Il ne lui fallût que quelques interrogatoires pour que l'enquête avançât à pas de géant! On sentait bien qu'il regrettait la gégéne, la lampe à souder, une baignoire pour avancer plus vite, mais ce n'était plus autorisé, il y a avait eu des plaintes!

Le coupable idéal, c'était Lulu! Lulu c'était le clochard du patelin, notre clodo! Tout le monde l'aimait bien Lulu! Propre sur lui, le maire lui autorisait les douches du gymnase municipal, des fringues bien trop grandes, des chaussures dépareillées, une casquette écossaise délavée, tel était le Lulu. Il était toujours prêt à vous aider, contre une petite pièce, à déménager une machine à laver, une armoire, à tondre la pelouse... Le boulanger lui refilait les viennoiseries de la veille, la crémière un vieux calendos ayant dépassé l'âge de la prime jeunesse, etc... C'était un marrant Lulu, quand il était presque à jeun, il y avait une lueur de grande intelligence dans ses yeux, souvent masquée par les vapeurs d'alcool. Il démarrait sec le matin, pas encore remis de la veille, à la bière jusqu'au jour ou le toubib lui avait dit: "Lulu si tu continue à boire mousse sur mousse, tu finiras bientôt dans un beau costume en sapin!". Étonnamment, Lulu l'écoutât, il arrêtât aussi sec la bière et se mit au gros rouge, obéissant et respectueux de la médecine il était! Connu des anciens, Lucien, il était caissier à la banque du coin! Sa femme le quittât pour un gigolo âgé de dix ans moins qu'elle! Ce fût la grande dégringolade, il tombât plus vite qu'un verre de mauvais picrate derrière la glotte d'un poivrot assoiffé. Il fît quelques conneries, du genre confondre la caisse de la banque avec son compte personnel, les banquiers ils n’aiment pas trop, il se retrouvât à la porte. Son directeur, connaissant son état dépressif, par bonté d'âme, ne portât pas plainte... Un suicide, à la banque, cela aurait fait désordre!
Il perdît son logement, vécût longtemps dans sa voiture, jusqu'au jour où celle-ci brûlât, acte criminel ou mégot mal éteint, on ne le sût jamais, mais faut dire qu'on s'en foutait aussi! Depuis il logeait dans la cabane à outils de l'école primaire, juste à côté de la chaufferie, c'est strictement interdit, tout le monde le savait mais personne ne disait rien.
L'inspecteur Gadget de Paris tenait son coupable: Interrogatoire, garde à vue, garde à vous, garde avoue!
Gilbert, connaissant Lulu, n'y croyait pas, sachant que Lulu, en soirée, était déjà tellement poivré qu'il n'aurait pu effectuer le moindre cambriolage! Ramper jusqu'à sa cabane, s'allonger dans un sommeil d’ivrogne, récupérer un peu, pour repartir de plus belle le lendemain matin, c'était sa ligne de conduite à Lulu.
Que cela ne tienne, il passât une nuit à l'abri, nourri et sur une bonne couchette, du vrai pullman!

La plainte du boucher: Il préparait sa tournée du lendemain quand il entendît du bruit au premier! On ne fait pas peur à 120 kilos de viande comme cela! Des armes, il en avait un bon choix devant lui, du couteau à désosser au tranchoir à côtelettes! Il restât modeste en prenant un couteau à tailler des biftecks! Montant discrètement, enfin comme 120 kilos le permettent, il ouvrît d'un geste sec la porte de la chambre! Son récit ne manquait pas d'intérêt:
"J'ai pas eu le temps d'allumer qu'il est barré par la fenêtre! Un rapide le gars! C'était un petit gabarit, p'têt un môme!" Avant d'ajouter, fronçant les sourcils devant l'effort intellectuel intense fourni: "P'têt un nain! C'qu'est sûr c'est qu'c'est un drôle d’acrobate le zig, pour s'éclipser commak d'un premier étage!". Par la fenêtre il n'aperçût ni le visiteur, ni son complice.
Tout devenait limpide pour le nouveau Maigret de Paris: Il griffonnât sur un bout de papier
"Acrobate, enfant, nain, forain, cirque, gymnase, ne pas oublier, en rentrant à Paris, d'appeler Robert pour qu'il me rende ma perceuse." Comme quoi, les associations d'idées...
Il aurait bien fait établir des barrages sur toutes les routes, arrêter tout ce qui pouvait ressembler à une roulotte ou caravane, mais se dit que l'esprit l'emporterait sur la force... C'était pas gagné!

Revoilà notre ami Lulu! Presque sobre, il crie à qui veut l'entendre: "J'l'ai vu! J'l'ai vu!"... Un bon café arrosé calmât l'agité, pas pur le café, cela aurait pu le tuer. On l'écoutât d'une oreille attentive, l'autre restant au repos! Il avait vu une ombre, sautant de toit en toit, glissant sur les façades, s'envolant vers le ciel! Il en était sûr, un lutin c'était, un elfe, dans tous les cas un troll de truc! On nota religieusement ses propos, avant de les classer, tout aussi religieusement, dans la corbeille à papiers! Nous sommes peu de choses!

Pendant que le Colombo de Paris torturait ses pauvres méninges, Le Sauveur se tortorait, lui, les manœuvres de terrain: explorations des environs, contrôles des étrangers, touristes, inconnus, enfin de tous ces gens qui avaient, au premier abord, tout du suspect possible. Cependant il n'en pensait pas moins: qu'avaient de commun tous les cambriolés? Hormis le notaire, ils n'étaient pas très riches, ils vivaient dans des demeures déjà anciennes... avec des meubles déjà anciens !!! Et si la clé de l’énigme était là? Les voleurs cherchaient quelque chose, peut être un objet dissimulé dans un meuble ancien, mais quoi? Il se dit qu'il serait bon d'exploiter cette idée et de vérifier si un de ces meubles ne possédait pas une cache secrète! La pensée d'une chasse au trésor l'émoustillait!
Il passât les jours suivants à étudier tous les meubles en cause, détecteur de métaux et assimilés en poche. Seules quelques vieilles factures, coincées derrière un tiroir, furent réveillées de leur long sommeil. Rien ne confirmât son hypothèse, Alors quoi? Une idée c'est comme une mauvaise herbe, vous en retirez une, une autre prend la place, du moins pour ceux qui en ont: tous les actes répréhensibles étaient commis près de la sortie de la ville... Voila! Un des voleurs entrait dans la maison, pendant que l'autre faisait le gué! La solution? La planque! Planquer, non loin de l'épicentre du phénomène, et attendre! ça s'était de l'investigation de terrain!

C'est fou ce que certaines villes peuvent être mortes la nuit. Il les avait voulues, il les avait ses planques! L'amusement fît rapidement, au fil des jours, pardon des nuits, place à l'agacement le plus profond, agrémenté de quelques crampes redevables à l'inconfort d'une voiture de fonction! Certes, pour s'occuper il est toujours possible d'écouter la radio, des programmes à dormir debout, casser une croûte, boire un café, regarder les étoiles, sortir de la voiture pour aller pisser un coup. Dans le noir pas facile d'en faire plus! Les nuits sont fraîches, même au printemps! C'est long une nuit! Dans quelle galère s'était-il fourré? Il persistât, ne voulant pas perdre la face devant son collègue parisien.

La patience paie, aux innocents les mains pleines, la chance sourit aux audacieux, pierre qui roule n'amasse pas mousse ni crème au chocolat, etc.. Y'en a un wagon comme cela, quoi qu'il en soit, les nuits sans sommeil allaient se révéler payantes (Les heures supplémentaires, payantes? Dans l'administration? Vous rigoler? Dans un monde parallèle!).

C'était l'heure où les couche-tard ne sont pas encore au lit et les couche-tôt ne sont pas encore debout, une ombre fugace passât devant le pare-brise de notre brave inspecteur! Impossible de distinguer quoi que ce soit avec toute cette buée, même en actionnant les essuie-glaces qui se révélaient d'une inutilité profonde. Rage du conducteur, douillettement lové dans sa couverture, obligé de sortir au frimas de cette nuit inhospitalière!
Il aperçût une silhouette s’engouffrer, par la fenêtre, dans la maison abandonnée des ancêtres! Ah! La maison des ancêtres, toute une histoire! Pourquoi les ancêtres? Personne ne le sait vraiment, le couple de vieux propriétaires ayant disparu depuis bien longtemps! Cette maison faisait enrager la mairie, pas de successeur connu, personne ne s'acquitte plus des taxes locales et foncières! Un vrai drame! La tempête de 1999 s'était chargé, elle, à l'aide de quelques branchages bien ajustés, du nettoyage des vitres! Autant dire qu'elles ne risquaient plus de se salir, les vitres! Seuls les volets avaient résisté, allez savoir comment et pourquoi!
Le, ou les individus étaient certainement à l'intérieur... C'est dans de tels instants que se fait la différence entre le héros et le zéro! A pas de loup, en mocassins 45 fillette, Gilbert s'approchât de la fenêtre, débloquât les vieux volets asthmatiques (et pourquoi de vieux volets ne pourraient-ils pas être asthmatiques, hein? dites le moi!), les refermât si brusquement que la fusillade de OK Coral, à côté, aurait paru être tournée au ralenti! Quelques tentatives, de l'intérieur, pour les ouvrir, puis plus rien! Un morceau de brique, judicieusement à portée de main et judicieusement placé, se chargeât de les maintenir bloqués, ces foutus volets!
Le courage est une chose, la témérité une autre! Gilbert téléphonât pour appeler l'arrière garde, en l’occurrence le brigadier Toussaint. Il fallait venir, de toute urgence, prêter main forte, avec la logistique nécessaire, surtout de bonnes lampes de poche, EDF n'y assumant plus le courant.
Un brave homme le brigadier Toussaint, il n'avait pas inventé l'eau chaude, il s'était arrêté à l'eau tiède, mais serviable comme pas deux et toujours de bonne humeur! Enfin presque, car sorti du lit à c't'heure le mettait quand même un peu grognon! Il arrivât équipé d'une lampe qui avait dû faire le bonheur de la DCA allemande sur les plages de Normandie avant le débarquement! Même le soleil en aurait cligné des yeux!
Prenant son courage à deux mains, son revolver Manurhin réglementaire d'une autre, Le Sauveur se dirigeât vers la porte de la maison, quoi de plus logique que d'entrer par la porte? Escorté par son éclaireur en chef, il poussât, tant bien que mal, l’huis qui s'ouvrît sans un cri mais avec de sinistres cracs! Il ne sert à rien de raconter des cracs à un fin limier, la vérité apparaîtra toujours en plein jour, même quand il fait nuit. La porte ouverte, le plus dur restait à faire, investir la pièce en bravant la poussière et l'odeur âcre d'humidité fermentée! Le brigadier Toussaint armât son arme fatale et bombardât de photons ultra-luminiques la pièce, lui donnant un aspect plus visible et éclairé! Ouh là! Ça vivait la-dedans! On aurait pu faire un inventaire à la Prévert, alternant meubles et habitants! Table, chaises, araignées, lit, édredon, souris, poutres apparentes, chauves souris, garde-manger, rats... Mais là, sur l'armoire, c'était autre chose: deux yeux effrayés, traduisant une grande terreur dans un corps qui n'avait rien d'humain, se tenait perché l’inimaginable, l'insensé, l'incompréhensible, le surprenant, le... le... bref, se tenait un singe! Un singe, sûrement de la catégorie macaque ou assimilé, le genre de singe que l'on rencontre rarement dans nos campagnes. Le pedigree exact serait à affiner dans un futur d'autant plus proche qu'il ne serait pas éloigné. Il était donc là, notre cambrioleur, celui qui avait tenu en halène, pas si fraîche, la police locale et les instances supérieures de la police nationale!

L'affaire fût ensuite rondement classée; le zoo de Flancheville, contacté, récupérât le coupable, un capucin d’Amérique du sud! Le Sauveur ne pût résister au plaisir d’annoncer au curé que le voleur de ses cierges était un capucin, en oubliant simplement de lui préciser qu'il s'agissait d'un singe. Un rien, parfois, vous amuse!
Le propriétaire de notre quadrumane ne se fît jamais connaître; les probabilités favorisaient la thèse de l'animal importé clandestinement, abandonné par son propriétaire, lassé des facéties du petit animal.
La tranquillité revint dans Hornois le haut, on retrouvât la coupe à fruits d'Adèle, des cierges mâchouillés, les bricoles disparues qui furent restituées à leurs différents propriétaires, exception faite d'une petite culotte très sexy, avec soutien-gorge assorti, que personne ne réclamât! Le Sauveur, s'il n'avait été marié, aurait bien passé une petite annonce pour retrouver la propriétaire inconnue! Ah! La faiblesse de la chair!
Le petit capucin trouvât à son goût les aliments appropriés à son métabolisme, habitué aux fruits exotiques qui font un peu défaut dans nos régions!
Le superman de Paris s'en retournât, ne pouvant s'empêcher de remarquer comme un petit sourire narquois sur les visages de ses collègues parisiens! N'est pas Bourrel qui veut!
Le commissariat de Hornois le haut ne fût pas rayé de la carte, attendant une autre restriction de budget le condamnant définitivement. Dans le but avoué de s'assurer de leur discrétion, Le Sauveur fût nommé inspecteur principal, le brigadier Toussaint fût décoré du mérite agricole, comprenne qui peut! Cependant on n'avait fini d'en parler, dans les chaumières, de l'affaire de Hornois le haut!

L'inspecteur, principal, Le Sauveur, en accord avec son épouse, pour rompre la monotonie de la vie de province, décidèrent d'assurer leur descendance, au grand plaisir des grands-parents!
Les biberons, les nuits sans sommeil, les visites au pédiatre, sans compter les aléas de la scolarité... ils voulaient rompre la monotonie, ils allaient être servis, mais ça, c'est une autre histoire!



samedi 25 août 2012

Julot


Lui c'était Julot, du moins c'était le surnom connu dans le troquet "Au rendez vous des amis"! Il s'y était fait une renommée à force de pastagas et de 421 mémorables! Son vrai prénom, Jules, lui collait à la peau comme un chewing-gum au pantalon d'un rond de cuir! Il dénotait un peu par son physique, taillé comme une arbalète, un visage émacié sous une chevelure carottes bien mûres!

Son opposé c'était Omer, pas celui des Simpson, un autre! Il aurait pu remplacer le Bibendum Michelin au pied levé, le sourire en moins! Sa fréquentation préférée: les boites de nuit, comme videur!

Le troisième acteur était un pavillon de banlieue, juste un peu plus grand qu'un cabanon de jardin, mais légèrement plus petit que le château de Versailles! Vous matez le topo?

Rien ne prédisposait ces trois là à se rencontrer, il est des hasards dans la vie...

Le catalyseur déclenchant, j'adore les pléonasmes, fût une superbe Jaguar, pas la bête, la voiture, qui attirât l'attention de nos héros sur ce charmant pavillon!

Une jaguar qui passe et repasse une grille, mieux qu'une blanchisseuse, ça peut attirer l'attention, pour les gens qui savent regarder.

Ce manège donna des envies à Julot, qui était amateur de belles choses, c'était un contemplatif, un sensible, un émotif! Des envies dont l'une d'abandonner provisoirement "Au rendez vous des amis" pour le troquet en face du pavillon!

Pour Omer, cette Jaguar lui coupât la route et déclenchât un irrésistible besoin d'en savoir plus sur son conducteur! Un mouvement impulsif d'auto défense, quoi!

Maintenant un petit problème de réflexion:

Considérons une jaguar qui sort tôt le matin, rentre tard le soir, chaque jour ouvrable de la semaine.

Considérons que cette même Jaguar, l'été arrivé, soit sortie un beau matin et ne s'en soit pas retournée le soir.

Considérons son absence prolongée et un manque d'éclairage, quotidien, dans le pavillon associé!

Julot, lui, ne donnât pas sa langue au chat!

Un sursaut écologique contre la pollution l'obsédât; renouveler l'air vicié d'une maison trop fermée! Il est des pulsions qu'il ne faut pas contrarier, cela donne des aigreurs, des palpitations, des impatiences! Il faut savoir leurs donner libre cours à ces pulsions, Julot en était convaincu! C'était hygiénique! Meilleur qu'un p'tit blanc sec accompagnant un jambon beurre! Bon pour la Santé!

C'est ainsi que notre brave ami se rendît un soir, à la fraîche, dans le seul but humanitaire d'aérer un lieu un peu trop confiné!

La logique veut que, pour être efficace, l'aération d'une maison se fasse par les fenêtres! Une du rez de chaussée ferait bien l'affaire! Un petit tour de diamant, une crémone qui se déverrouille et l'air vicié s'échappe, l'air frais s'engouffre à l'intérieur, comme Julot, aspiré par le courant d'air, certainement!

Un tel investissement méritait bien une récompense, une sorte de dédommagement pour service rendu! Notre ami se mît en quête d'un petit rien!

La quête se transformât en surprise devant cette ombre accroupie face à un coffre fort SuperSafe 156 à gougeons renforcés de 1954 révisé 1958!

Omer entendît le parquet craquer derrière lui, il fît volte face avec une rapidité surprenante pour une personne de sa corpulence! Il levât sa main droite, celle qui tenait la plume avec laquelle il venait de caresser la porte plus blindée qu'un char Leclerc! Geste demi défensif, demi attaquant, face à la silhouette fil de fer, gapette enfoncée jusqu'aux oreilles, sac en bandoulière, qui se dressait devant lui!

Julot résumât la situation en quelques mots bien choisis:

"Merde alors!".

Tout était dit!

Ils se défièrent quelques instants du regard, puis le courant passât entre eux! Rien ne servait de s’étriper, ils avaient un ennemi commun: le coffriot!

Ah! Si tous les gars du monde pouvaient se donner la main, et à défaut, un coup de main!

Ils excellaient, chacun, dans une spécialité appréciable: Omer était le roi de la chignole, le tombeur de serrure! Julot vous interprétait le grand air de la Tosca au chalumeau à acétylène, un virtuose!

Le duo entamât une représentation sublime de "Coucou, ouvre, c'est nous!", pièce en trois actes ou un tombé, à la fin de laquelle le coffre béât d'admiration!

Consciencieusement, nos duettistes firent le ménage adéquat et appliqué du contenu des étagères! Trois fois rien, un dépoussiérage, retirer la jonquaille et quelques talbins, le lieu serait clair et net! On a, ou on n'a pas, de conscience professionnelle! Eux, ils en avaient à revendre!

Complémentaires les compères, Omer connaissait un fourgue sûr, Julot un joaillier pas trop regardant sur les bijoux de famille qu'on lui apportait!

Un peu de vacances, un petit séjour sur la côte d'azur récompenseraient un travail bien accompli, feraient envoler tous leurs soucis, leur petit pécule aussi! Casino n'était pas qu'une enseigne de supermarchés! Dans certains il y avait plus de Cadillacs que de Caddies! Question de standing! L'addition n'y était pas la même non plus! Les cartes de fidélité y étaient inconnues, cependant la clientèle dépensait sans compter!

Une amitié grandissante commençât à lier les deux hommes, ils décidèrent d'un futur commun! On ne change pas une équipe qui gagne! Ils étaient devenus un team!

Comme pour les pues la sueur, les vacances c'est bien, mais il faut savoir, à un moment ou à un autre, se remettre au turbin!

Leur petite entreprise fonctionnait à merveille, il est bien connu que l'économie française est surtout soutenue par l'artisanat! Ils renoncèrent cependant à embaucher, à notre époque comment être sûr de ses employés? Il y a des malfaisants partout!

Mais l'amitié a ses limites! Les voies de l'avenir sont incertaines et surprenantes, le seigneur en sait quelque chose!

C'est ainsi que leur relation prît un tournant, un beau matin de Septembre, lorsque, dans un bled paumé entre les Baumettes à Marseille et la Maison d'Arrêt de Lyon Corbas, devant les regards interrogateurs d'un maire, de ses assistants et des deux témoins tout frais sortis de Fleury Mérogis, ils se marièrent!

L'annonce d'un heureux événement est attendue pour bientôt!

C'est beau l'amour, non?





jeudi 23 août 2012

Et pourtant...



Et pourtant tout avait été étudié, analysé, disséqué, simulé! Cela devait baigner dans l'huile, rouler ma poule, doigter dans le nez, comme quoi on peut tout prévoir, sauf l'imprévisible!

Avec minutie...
Avec minutie, patience, le projet avait mûri pendant un an, une année de préparation, un mois de réalisation, ne rien laisser au hasard, mettre tous les atouts dans ses mains:

Un travail d'équipe...
Un travail d'équipe, c'était la clé de la réussite! Trouver les meilleurs collaborateurs, les meilleurs spécialistes, les intéresser au projet, les rémunérer comme il se doit, les moyens seraient là ainsi que la récompense finale!

La recherche...
La recherche d'informations, clé de voûte du projet! Trouver les bons informateurs, recouper les résultats, garder le sûr, rejeter le douteux, analyser le possible, détecter les failles!

Tracer...
Tracer les grandes lignes, puis développer... Tel le peintre transposant la muse sur sa toile blanche... d'abord l'ébauche, aux traits fins, puis rectifier la courbe d'un sein, peaufiner la rondeur d'une fesse, accentuer un regard... puis appliquer les couleurs, par petites touches, avec délicatesse, avec amour!On sentait poindre le chef d’œuvre!

Mettre un nom...
Mettre un nom devant chaque tâche, le meilleur ouvrier pour le meilleur travail, organiser le déroulement, assigner les responsabilités, éviter les redondances, les bousculades, les engueulades!

C'était écrit...
C'était écrit, toute la séquence, du tout début à la conclusion finale; le quand, le comment, le par qui. L'entrée, le plat principal, le dessert, le café et le pousse café, seule l'addition resterait à attribuer!

Top départ!
Top départ! L'opération est lancée! Objectif final dans quatre semaines, pas avant, mais surtout pas plus tard! Ne rien précipiter, mais ne pas flâner non plus! Le respect du planning était impératif, le succès en dépendait!

Une idée à creuser...
Une idée à creuser, elle débouchait sur le "à creuser" tout court. Creuser un mètre de roche, dure comme du granit, sans outillage sophistiqué! Il fallait, à tout prix, éviter les vibrations, les bruits, au risque de voir tout s'écrouler!

Une autre vision...
Une autre vision après une bonne semaine de travail intense, un travail plus à la petite cuillère qu'à la louche, caillou par caillou, grain de sable par grain de sable, mais ils y étaient arrivés, un beau trou de soixante centimètres de diamètre, première récompense aux ampoules et sueurs!

Se faire le mur...
Se faire le mur, c'était l'étape suivante, un mur de métal de trente centimètres, délicat, chatouilleux, aux aguets! Un amateur aurait allumé son chalumeau, astiqué sa perceuse, affûté son burin! pauvre hère, c'était ne pas tenir compte des détecteurs de chaleur, des micros ultrasensibles, des sismographes aux aguets!

Un petit génie...
Un petit génie sans rougir! Personne n'y avait pensé avant lui, ou n'avait pas mis en application l'alliance de l'acide et de la patience! L'acide pour ronger, la patience pour ne pas éveiller les soupçons! L'acide est discret, ni bruyant, ni vibrant, mais chaleureux en grignotant son repas! Là intervenaient la patience et un thermomètre électronique. Déposer l'acide goutte à goutte, ne permettre que des montées de température n'excédant pas les variations saisonnières d'une belle journée d'automne!

Une petite entreprise...
Une petite entreprise, avec ses équipes, ses trois huit, ses cinq jours travaillés et ses deux de repos, il l'avait créée! L'acide fît son travail, la patience aussi, il fallut près de trois semaines pour grignoter le mur, millimètre par millimètre, jour par jour!

Le jour de paie...
Le jour de paie se trouvait derrière le film infime qui les séparait encore de la salle qu'il protégeait! Encore un soupçon d'attente, ne pas agir trop tôt, ni trop tard, ce jour de paie était déjà défini depuis longtemps... un beau week-end d'Octobre! L'anticipation de Noël en quelque sorte! Que de chouettes cadeaux en perspective!

Silence, on tourne...
Silence, on tourne la manivelle! Cette petite manivelle, à travers une mécanique complexe et sophistiquée, enroulait un fil de nylon autour d'un petit cylindre, plus lentement encore qu'un pêcheur remontant une vieille chaussure. Au bout de ce fil, un minuscule harpon, planté avec précision dans un énorme sac au fin fond de la salle! Pas trop haut, pas trop bas, il ne fallait pas que le sac bascule, ne pas réveiller les détecteurs de mouvements assoupis! Le déplacement était aussi lent que possible, l'électronique a ses limites, comment détecter le souffle d'un chérubin? Une petite suée, quand même, au tir du harpon, même si petit ,allait-il passer inaperçu? Non? L'histoire se serait arrêtée ici, alors on continue?

Et un, et deux, et trois...
Et un, et deux, et trois sacs furent ainsi extraits de la salle obscure! Il avait estimé huit heures pour extraire un sac, avec une marge d'erreur d'une heure! Il en fallu neuf pour le premier, dix pour les deux derniers, nul n'est parfait! Ah! Si les manutentionnaires ne les avaient pas stockés si loin... On ne peut plus faire confiance au petit personnel!



Pas vite fait...
Pas vite fait mais bien fait! Les trois sacs blindés et scellés furent déposés avec respect dans la fourgonnette stationnée à cet effet! La lumière du jour était un peu crue pour les yeux habitués aux lunettes infrarouge! Bah! Il faut savoir souffrir pour bien paraître! Le travail à l’œil n'existe pas! Tous les indicateurs étaient au vert, contrairement à certains feux tricolore, mais il faut savoir les respecter, la loi c'est la loi!

Licenciés...
Licenciés les braves ouvriers, fin de leurs contrats à durée déterminée, les primes de licenciement parviendraient plus tard, inutile de s'inscrire au chômage, leurs professions n'y étaient pas recensées!

L'étonnement...
L'étonnement mis plusieurs minutes pour apparaître au front du brave employé qui ouvrît la porte de la salle en fin de semaine suivante, mais quelques secondes seulement suffirent pour que l'alarme soit donnée! Surprenant, il n'y avait pourtant pas, auparavant, une fenêtre ouvrant sur les égouts! L'accès du nettoyage sûrement, la femme de ménage avait bien fait son travail, plus aucune trace suspecte!

L'enquête...
L'enquête fût, comme il se doit,confiée à la police criminelle, et celle-ci ne se dérobât pas et enquêtât! Ce n'était pas la première fois que des malfaiteurs tentaient de s'attribuer des sacs de billets usagés, destinés à l'incinérateur, mais là, en connaisseurs, ils apprécièrent le travail effectué avec minutie. Des artistes, respect! En définitive, cela ferait faire des économie au contribuable, dépenser de l'argent pour en brûler, quelle hérésie!

Le rapport...
Le rapport établi pas les inspecteurs fût circonstancié et détaillé! On sentait une certaine mollesse pour poursuivre les investigations, certainement les conséquences d'une fatigue, d'un travail mal payé et mal reconnu! Une alerte fût transmise à Interpol, faudrait pas être les seuls à rigoler, faut bien que les collègues s'amusent un peu aussi, c'est ça la collaboration entre services et entre pays! Un flic reste un flic, quelle que soit la langue!

Le record...
Le record du casse du siècle! Il voyait son casse comme effaçant tout ce qui avait été réalisé avant lui! Un truc à postuler au guide Guiness des records! C'est certain, il n'aurait pas sa photo dans les journaux, mais on parlerait de lui dans les écoles de polices, la référence quoi! Il ne pouvait s'imaginer que du Guiness à l’almanach Vermot la frontière était si mince!

Le crime ne paie pas...
Le crime ne paie pas, c'est du moins ce que l'on tente d'enseigner aux enfants, la réalité n'est pas si simple! Parlez en donc à l'internationale des policiers, à la réception de la demande d'Interpol! Eux n'ont pas fini de se payer la bosse de rire à la lecture du papier le plus officiel qui soit: "Recherche cambrioleurs... etc.... ayant dérobés des sacs contenant des billets destinés à la destruction, dont la description suit".

Description:
Billets périmés retirés de la circulation depuis vingt ans! Inutile de les rechercher chez les collectionneurs, même les plus amateurs ne dépenseraient pas un centime pour une de leurs liasses!
Chers collègues, nos salutations fraternelles!


mardi 21 août 2012

Le visiteur



On lui avait pourtant bien dit de ne pas s'aventurer tout seul dans un bled inconnu! Comme d'habitude, il n'en avait fait qu'à sa tête, les tuiles n'arrivent qu'aux autres, c'est bien connu!
Pourtant tout avait bien commencé, un pays calme, des rues tranquilles, trop peut être, à tel point que l'on aurait pu croire à un village abandonné!
Certains en auraient été satisfaits, mais le climat était un peu trop chaud, un peu trop sec, un ciel un peu trop lumineux, pour quelques jours de vacances c'était l'idéal, de là à y passer sa vie... Un vent chargé de poussières lui voilât un peu la vue, quand il retrouvât une vision correcte, l'autre était là, devant lui!
Un géant, un colosse, impossible de lire sur ses traits ses intentions! Le fait de ne pas parler la langue du pays ne facilitait pas les choses! L'autochtone s'était, lui aussi, immobilisé, aussi étonné que le visiteur, surpris de trouver, sur son passage, un étranger! Un étranger c'est toujours suspect! On ne connaît pas ses intentions, déjà le fait qu'il soit  ici n'était pas normal!
Que faire? Avancer, ce pourrait être de la provocation, fuir pourrait sembler coupable! C'était l'impasse! On sentait la peur gagner les esprits!
Derrière l'armoire à glace en apparût une seconde, encore plus massive, plus âgée! Le père? Si toute la famille était du même gabarit ça promettait!
Il se sentait petit, tout petit, encore plus petit que cela même, ridiculement petit! Sûr, si il s'en sortait, plus jamais il ne se lancerait dans de folles explorations!
Le père poussât un grognement qui ne laissait présager rien de bon! Il avançât avec une extrême lenteur, louche cette lenteur, comme un lutteur jaugeant son adversaire avant de lui bondir dessus, son ombre s'étalât sur  l'intrus, le faisant frisonner de peur et de fraîcheur!  Le géant leva, toujours avec lenteur, un bras aussi long qu'un jour d'été, et écartât les doigts, paume en avant!
La montagne de chair clignât de son oeil unique, posât ses trois autre bras au sol, et affichât un simulacre de sourire!
Rassuré, le visiteur ramenât sous lui ses tentacules, claquât deux fois de son bec en remerciement, refermât le cockpit, décollât vers le vaisseau mère! Il était tard, les deux soleils étaient déjà haut dans le ciel, il serait bon pour un sermon de première classe à son retour!




lundi 20 août 2012

Le hotu



"Quel temps de cochon!" Telle était la réflexion que se faisait Paul le Nantais, essayant, tant bien que mal, d'abriter sa carcasse sous l'auvent du fleuriste! Il était vrai qu'il pleuvait depuis l'aube avec un petit vent vicieux qui vous rabattait le crachin en pleine figure!
Et puis il n'avait pas un gabarit commun le Nantais, plus jeune il avait été séduisant, yeux bleus, visage poupin, grands cheveux châtains, le tout dominant un corps souple et félin! Avec les âges, les yeux bleus se sont délavés, la visage poupin s'est émacié, le cheveu s'est fait rare, le corps d'athlète a pris de l'embonpoint.
Une rafale lui embuât les carreaux, augmentant sa mauvaise humeur. Déjà les "Toc! Toc" des gouttes tombant sur son bitos, petites fuites d'une gouttière mal entretenue, avaient largement entamé son capital optimisme! Il aurait dû opté pour une gapette plutôt qu'un bada pour protéger sa calvitie naissante, mais il avait estimé que c'était moins classe! Pour le comble, ses pompes jouaient à Titanic, prenant l'eau sans vergogne, ses fumantes faisant mèches jusqu'à son futal qui avait connu des jours meilleurs!
Cela faisait maintenant un quart d'heure qu'il surveillait le troquet d'en face, attendant avec impatience l'arrivée de Dédé le Hotu! Cela allait être sa fête au Hotu! C'était pas une flèche le Dédé, on n'aurait pas parié un kopeck sur ce canasson de retour, mais il avait eu le fion de miser sur un bon bourrin, un jour aux cantines, de décrocher la timbale qui lui avait permis d'acheter ce rade au fin fond d'une banlieue pourrie.
Depuis il s'était marqué avec Simone les belles mirettes, une gamine dont la culture tenait plus dans ses formes que dans son ciboulot! On pouvait imaginer les exercices physiques qui faisaient que le Dédé avait besoin d'un démonte-pneu pour s'extraire du pageot le matin! Les supermen de l'édredon c'est bien dans les films, ou à la télé, le soir, dans les romans "nous deux - intimité" interdits aux moins de 16 ans, diffusés à partir de 23 heures, car, en réalité, sans doping, fallait rester modeste!
La silhouette du Hotu apparût au coin de la rue. Reconnaissable le Dédé, vouté, avançant au petit trot, un reste du turf sans doute, donnant l'impression qu'il allait se casser en deux au pas suivant. Marrant comme certains ne vieillissent jamais, simplement parce qu'ils ont toujours paru vieux! On a du mal à se l'imaginer gamin, le Hotu, il devait les afficher cette moustache triste, cette chevelure suiffeuse, ce nez de boxeur n'ayant pas eu de chance, ces yeux qui devraient rendre obligatoire le port de lunettes de soleil afin de ne pas choquer les cœurs sensibles, des oreilles permettant de déterminer le sens du vent, une bouche si mince que plus petite elle n'aurait pas existé! La partie de ce corps délabré qui avait le plus plue à Simone, c'était sans aucun doute au niveau du cœur, là où se trouve le chéquier! Le coup de foudre, quoi!
Il avançait, sous la pluie battante, protégé par un pardoss qui avait dû appartenir à son arrière grand-père, ainsi que par un "Parisien libéré" au-dessus de sa tête, lui évitant ainsi un shampooing qui aurait fort étonné la colonie animale qui l'habitait.
Enfin il arrivât devant l'estaminet, délourdât la porte principale et s'engouffrât comme une anguille dans l'obscurité dominante!
Encore quelques instants, lui laisser le temps de remonter le rideau de fer, d'allumer les loupiotes de la salle et il allait pouvoir foncer le Paul! Ses pognes se serrèrent dans ses fouilles trempées! Sa mâchoire se contractât, mais il prît sur lui, ne rien laisser paraître, faire comme si de rien n'était, malgré les kilomètres affichés au compteur, il était resté un homme, un vrai!
Depuis sa sortie de cabane, 20 ans de placard, il n'attendait que cela, ce moment béni, ce qui lui faisait paraître la vie moins triste, ce petit cérémonial matinal, prendre son petit caoua!
Il avait maintenant une vie rangée, un taf réglo, il était devenu un vrai boulot, un pue-la-sueur! Alors, avant de se mettre les mains dans le cambouis, il lui fallait son petit noir! Si le Hotu continuait à radiner à la bourre, tant pis, il changerait de crèmerie, mais on a ses habitudes! Faudrait quand même pas le faire passer pour un cave auprès de sa boite, trop de retards ferait désordre!
Merde! Passer honnête, ce n'est quand même pas à la portée de tout le monde!





Gros dodo!

Je m'étais un peu assoupi... je viens de me réveiller!
Le temps de tremper ma plume dans de l'encre sympathique et je suis à vous!
PP